Un sculpteur au service de la figure humaine
Sculpteur français du XXᵉ siècle, Raymond Martin a consacré sa vie à la figure humaine. Dessinateur autant que modeleur, auteur d'œuvres intimes comme de grands monuments publics, il développe pendant plus de soixante ans une sculpture fondée sur l'observation du corps, la construction du volume et une recherche constante de justesse.
- 1910 Naissance à Paris
- 1932 Prix Blumenthal, première exposition personnelle et construction de l'atelier de Cachan
- 1944 Mort de Robert Wlérick ; il achève seul le monument au maréchal Foch
- 1962 Élu à l'Académie des beaux-arts, fauteuil IV
- 1992 Mort du sculpteur
Né à Paris en 1910, il se destine d'abord à la peinture avant de choisir la sculpture. Après l'École des arts appliqués puis les Beaux-Arts de Paris, une rencontre va profondément orienter son parcours : celle du sculpteur Robert Wlérick.
Raymond Martin devient son élève, puis son collaborateur et son ami. Entre les deux hommes se construit une relation artistique particulièrement forte, fondée sur une même exigence du dessin, du modèle et de la forme.
Les premiers succès arrivent rapidement. En 1932, Raymond Martin reçoit le prix Blumenthal et présente sa première exposition personnelle. À cette époque, son père lui fait construire à Cachan l'atelier dans lequel il travaillera toute sa vie.
À la fin des années 1930, Raymond Martin et Robert Wlérick remportent ensemble le concours pour le monument au maréchal Foch, destiné au Trocadéro. Après la mort de Wlérick en 1944, Martin poursuit leur œuvre commune et mène seul le monument à son achèvement. Cette collaboration restera l'une des expériences fondatrices de sa vie de sculpteur.
Au fil des décennies, Raymond Martin reçoit d'importantes commandes publiques. Il réalise notamment les monuments au général Mangin et au général Leclerc à Paris, ainsi qu'une statue équestre monumentale d'Habib Bourguiba en Tunisie.
Mais derrière ces œuvres monumentales se poursuit, dans le silence de l'atelier, une recherche plus intime. Nus, bustes, groupes, dessins et études témoignent d'un artiste qui observe, construit, reprend et recommence sans cesse.
Parallèlement à son travail d'artiste, Raymond Martin enseigne pendant plusieurs décennies et transmet à son tour cette exigence du dessin et du volume. Sa carrière est accompagnée de nombreuses expositions, commandes et distinctions, jusqu'à son élection à l'Académie des beaux-arts.
Raymond Martin meurt en 1992, laissant derrière lui un ensemble considérable de sculptures, dessins, études, photographies, archives et écrits. Son œuvre témoigne d'une vie entière passée à interroger la figure humaine et d'une conviction qui ne l'a jamais quittée : la sculpture est une recherche qui ne s'achève jamais vraiment.
Cette exigence trouve son origine dans le dessin. Non comme une étape préparatoire, mais comme un lieu de compréhension du volume. Dessiner, pour lui, revient à penser en trois dimensions, à saisir les forces internes d'une forme avant même qu'elles ne prennent matière.
Dans ses sculptures, le mouvement n'est jamais donné. Il est retenu, suspendu, comme à son point d'équilibre. Les figures semblent au bord de leur propre apparition, encore traversées par la matière qui les contient.
Si son œuvre se déploie dans l'espace public, c'est dans l'atelier que se joue l'essentiel. Là, dans la reprise patiente des formes, dans le doute et l'exigence, il poursuit une recherche silencieuse de justesse. Il travaille jusqu'aux derniers jours de sa vie, fidèle à cette exigence intérieure qui aura guidé toute son œuvre.
Héritier d'une tradition qu'il prolonge sans la figer, Raymond Martin affirme une œuvre de retenue, de rigueur et de présence.

